L’intéroception, vous connaissez ?
La première fois que j’ai entendu ce mot, c’était dans une interview d’un neuroscientifique qui parlait des différents sens de perception de l’être humain.
Nous connaissons tous les cinq premiers sens qui nous permettent de percevoir notre environnement : l’ouïe, la vue, le toucher, le goût et l’odorat. Ces cinq sens nous sont familiers depuis l’enfance et notre conscience s’en saisit presque instantanément lorsque nous sommes attentifs à ce que nous faisons.
Pourtant, il existe d’autres formes de perception dont nous parlons beaucoup moins.
La proprioception, notre sixième sens
Les neuroscientifiques évoquent notamment la proprioception, également appelée sensibilité profonde.
La proprioception est la capacité à percevoir, consciemment ou non, la position des différentes parties de notre corps, sans avoir recours à la vision.
Elle fonctionne grâce à près de trente millions de récepteurs sensoriels, appelés propriocepteurs, présents dans les muscles, les articulations, les ligaments, les tendons, la peau et les fascias.
Si cette fonction est déficiente, nous ne pouvons plus porter une fourchette à notre bouche avec précision, ni écrire correctement sur une feuille.
Les scientifiques la considèrent ainsi comme notre sixième sens. Pourtant, notre conscience s’en empare moins spontanément. Ressentir la position de notre corps dans l’espace demande souvent une attention particulière et un entraînement volontaire.
L’intéroception : écouter ce qui se vit à l’intérieur de soi
Plus récemment, un autre sens fait l’objet de nombreuses recherches : l’intéroception.
Il s’agit de cette faculté qui nous permet de prendre conscience de ce que vivent nos organes. L’intéroception nous donne accès à la connaissance de ce qui se passe à l’intérieur de notre corps.
Elle est également sollicitée lorsqu’une douleur interne apparaît. Ressentir les zones de tension ou de détente à l’intérieur de nous-mêmes nous offre alors la possibilité d’agir plus consciemment sur notre état intérieur.
Mais pour cela, encore faut-il apprendre à écouter.
Apprendre à développer son intéroception
La méditation de pleine conscience, puis la sophrologie, sont les deux pratiques qui m’ont permis d’entrer en contact avec cette capacité d’intéroception, de l’exercer et de la développer.
Plus récemment, mes séances de soins commencent spontanément par cette invitation à entrer profondément dans le corps et dans les ressentis intérieurs.
La consultante est invitée à descendre dans ses sensations et à poser une intention consciente pour apporter de la détente à certains endroits précis de son corps, voire de ses corps énergétiques.
Quand le corps se détend, l’énergie se remet en mouvement
Un corps physique contracté est, selon mon expérience, le reflet de tensions présentes dans un ou plusieurs corps subtils.
En invitant le corps, les organes ou même les cellules à s’ouvrir et à se détendre, quelque chose se relâche progressivement. Des nœuds se défont et l’espace énergétique retrouve davantage de fluidité.
Je pratique moi-même cette forme d’intéroception lorsque je ressens des douleurs articulaires ou musculaires.
Pour que cette pratique soit efficace, la respiration vient naturellement soutenir l’intention. Car, là aussi, nous avons souvent oublié le rôle fondamental de la respiration dans notre santé.
Ressentir profondément notre souffle, jusque dans nos cellules, amène très souvent une sensation d’ouverture et d’apaisement.
Et si nous réapprenions à habiter notre corps ?
Dans nos vies quotidiennes, nous passons beaucoup de temps dans nos pensées et relativement peu dans notre corps.
Développer notre intéroception, c’est réapprendre à nous écouter. C’est porter notre attention vers ce qui se vit en nous, sans jugement et avec curiosité.
Notre corps nous parle en permanence. Les tensions, les douleurs, les sensations de fermeture ou d’ouverture sont autant de messages qui méritent d’être entendus.
Peut-être que l’intéroception n’est pas seulement un sens supplémentaire. Peut-être est-elle une invitation à renouer avec nous-mêmes, à nous réconcilier avec notre corps et à retrouver un espace intérieur plus paisible.
Et si nous prenions quelques minutes chaque jour pour simplement écouter ce qui se vit en nous ?
